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La situation des orphelins dans les pays « en voie de développement » de l’Afrique de l’Ouest est une préoccupation de plus en plus importante localement et mondialement. Depuis le début de l’épidémie du SIDA, leur nombre ne cesse de croître et une génération d’adulte apte à les prendre en charge tend à disparaître. Au Burkina Faso, on dénombre des centaines de millier d’Orphelins et d’Enfants Vulnérables (OEV). La prise en charge de ces enfants est complexe vu leur nombre. Certains seront pris dans la famille élargie, d’autres dans des institutions ou bien, malheureusement, laissés à eux-mêmes. Ces enfants et ces familles burkinabés vivent de grandes difficultés économiques, psychologiques et physiques (OMS, 2002) contre lesquelles nous devons lutter. Concept d’Orphelins et Enfants Vulnérables (OEV) au Burkina Faso Dans la littérature sur l’impact du VIH/SIDA sur les enfants dans les « pays en voie de développement », le terme utilisé pour parler de ces enfants est les « orphelins et enfants vulnérables » (OEV) puisqu’il est difficile d’identifier ceux qui sont orphelins de ceux qui sont vulnérables ainsi que la façon dont ils rentrent dans une catégorie ou une autre. Selon la Banque Mondiale & L’UNICEF (2002), la définition du concept d’orphelin dépend de chaque culture. Pour certaine culture, un orphelin est une personne dont ces deux parents sont décédés, pour d’autres cultures un seul décès parental peut suffire pour l’utilisation du terme. Lorsque nous étudions la littérature sur les orphelins du SIDA, on constate plusieurs définitions du terme orphelin, par contre, celle qui ressort le plus et que nous utiliseront pour définir la problématique au Burkina Faso est : « un enfant dont au moins un parent est décédé du SIDA ». (ONUSIDA, UNICEF & USAID, 2004, p.8) Cette définition, fait particulièrement référence à la mortalité maternelle qui rend l’enfant plus à risque de vivre dans la vulnérabilité que la mortalité paternelle (OMS, 2002, p.13). Dans bien des cas de mortalité maternelle, le père ne prendra pas en charge ses enfants, ou sinon le statut de survie du père reste inconnu (père inconnu, absent, vivant, mort du SIDA ou mort d’une autre cause) (OMS, 2002, p.13). Dans les cas de mortalité paternelle cela peut affecter l’enfant si le rôle du père est économique et que la survie de l’enfant en dépend (OMS, 2002, p.14). Par ailleurs, dans bien des sociétés africaines, comme au Burkina Faso, c’est souvent la mère qui occupe le rôle de pourvoyeuse économique au sein de la famille (Banque Mondiale & UNICEF, 2002, section 1, p.1-2). La présence d’un orphelin dans une famille, implique des coûts pour la nourriture, les vêtements et les frais de scolarisation, liés à l’entretien d’un enfant (Banque Mondiale & UNICEF, 2002, section 2, p.17; OMS, 2002, p.16; ONUSIDA, UNICEF & USAID, 2004, p.10). On observe aussi une baisse de quantité de nourriture, ainsi que de l’apport nutritionnel de celle-ci (Banque Mondiale & UNICEF, 2002, section 2, p.17). Les enfants sont particulièrement touchés par cette dernière et particulièrement les orphelins pris en charge dans la famille élargie puisqu’ils sont bien souvent les derniers à manger (Banque Mondiale & UNICEF, 2002, section 2, p.17). On constate que les autres enfants dans la famille sont affectés par cette crise, ils seront identifies comment étant vulnérables (USAID, 2000; Banque Mondiale & UNICEF, 2002; ONUSIDA, UNICEF & USAID, 2004; ONUSIDA, UNICEF & USAID, 2002). Les enfants vulnérables font partie d’un groupe à risque élevé de vivre un manque d’accès à des ressources sociales de base, à l’exclusion économique, à la malnutrition, à la morbidité, à la mortalité et à la perte d’accès à l’éducation. Le Ministère de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale (MASSN) définit un enfant vulnérable comme étant une personne de moins de 18 ans, victime ou exposé à des risques sur le plan alimentaire, sanitaire, éducatif, moral, psychologique, matériel, juridique, de logement, etc. nécessitant une protection sociale spécifique ponctuelle ou permanente. L’ampleur de la situationSelon le PNUD (2005), au Burkina Faso, le nombre d’orphelins par an atteint 30 000 à 35 000 et était évalué à environ 500 000 en 2005 sur une population d’environ 13 millions d’habitants (p.28). Une autre donnée établit que les OEV au Burkina Faso serait d’environ 2,1 million dont la moitié des orphelins selon l’analyse de la situation des enfants vulnérables réalisée par le PNUD, DANIDA et l’INSTITUT IDEA Internationel datant de décembre 20003. De ce nombre 66% des orphelins le sont du fait du SIDA (Sidwaya Plus, 2005). En ce qui concerne la prise en charge, les premiers sur la ligne de front pour venir en aide aux OEV sont les familles. Ils seront dans la plus grande majorité ceux qui accueilleront l’enfant. Selon le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (2004), on estime que dans les famille en milieu rural, 42% abritent un orphelin et 45% des familles en milieu urbain ont en charge un orphelin. La majorité des personnes qui prennent en charge un enfant ont plus de 60 ans, dans 80% ce sont les grands-parents directs et dans 74% se sont des femmes (OMS 2002). Dans seulement 14% des cas, les personnes âgées sont aidées dans la prise en charge (OMS 2002). Les conséquencesD’après FHI & al. (2001), les OEV et leurs familles sont confrontés à de graves menaces qui mettent en péril leur bien-être, notamment l’isolement, la perte de revenus, l’accès à l’éducation, le logement, le manque d’alimentation et d’autres besoins fondamentaux (p.7). Il est largement reconnu que la plupart des problèmes rencontrés par les enfants et les ménages touchés par le SIDA résultent directement ou indirectement de l’impact de la maladie (FHI et al, 2001, p.7; ONUSIDA, UNICEF & USAID, 2004). Les recherches d’ONUSIDA, UNICEF & USAID (2000-2002-2004) démontrent que la plupart des orphelins sont recueillies par un membre de la famille élargie dans la même communauté. Les structures des familles en Afrique Subsaharienne sont en plein changement dû à la dévastation d’une génération d’adulte (p.11). C'est-à-dire, puisqu’une génération d’adulte ayant pour rôle de pourvoir aux besoins des enfants et des personnes âgées dans la famille disparaît, c’est maintenant aux personnes âgées et aux enfants de pourvoir à combler ces besoins. Le rapport d’ONUSIDA & al. (2002) sur l’impact du VIH/sida sur les enfants dans le monde, rapporte que les impacts du SIDA sur les enfants sont complexes et multidimensionnels. Les enfants souffrent de détresse psychologique face aux difficultés matérielles croissantes dues au SIDA. Ils doivent quitter l’école pour travailler dans les champs ou dans la demeure, les filles sont particulièrement plus à risque de vivre cette situation. Ils vivent un déclin de l’accessibilité à de la nourriture et à des soins de santé. Certains deviennent chef de famille et devront s’occuper des autres enfants. Plusieurs sont à risque de vivre de l’exclusion, des abus, de la discrimination et de la stigmatisation (ONUSIDA, UNICEF & USAID, 2002, p. 9). Foster & al. (1997), ajoute que les jeunes filles orphelines ou vulnérables sont particulièrement à plus risque de vivre de l’exploitation, d’être forcées de se marier très jeune, de travailler dans le commerce du sexe ou d’être abusées sexuellement. «Les femmes et les jeunes filles portent aussi la majeure partie du fardeau de l’épidémie; ce sont elles qui, selon toute probabilité, prendront soin des malades et des orphelins, perdront leur emploi, leurs revenus et leur chance de scolarité à la suite de la maladie et qui subiront la stigmatisation et discrimination » (ONUSIDA, 2004, p.3). Selon Foster & al. (1997), les OEV se perçoivent différemment des autres enfants dans la famille, surtout au point de vue du style vie, des mauvais traitements vécus et des lourds travaux domestiques qu’ils doivent accomplir (p.395). Ils se sentent parfois discriminés et ne se sentent pas en situation de pouvoir pour se défendre (p.395). Ils ont, aussi, plusieurs stigmates visibles de leur pauvreté économique (p 396). Même si en général dans une communauté de l’Afrique subsaharienne, les familles sont pauvres, les familles qui ont à charge des OEV le sont encore plus (p.396). Plusieurs OEV ne fréquentent pas ou plus l’école, parce qu’ils doivent subvenir au besoin financier de la famille, et ce, particulièrement les fillettes (p. 397). Les vêtements qu’ils portent sont habituellement les vieux vêtements des autres enfants, ils sont plus souvent sales et déchirés (p.398). Certains enfants se font refuser d’entrer en classe à cause de leur habillement (p.398). D’autres n’auront pas de soulier ou de cahier d’école (p. 398). Tous ces détails sont visibles par tous les membres de la communauté et les enfants le savent que trop bien (Foster & al. 1997, p. 399). Certains relatent que les proches de la famille atteinte ne viennent plus visiter depuis la mort d’un parent suite au SIDA, ou encore, les proches observeront de loin la dissolution de la famille sans y apporter assistance (ONUSIDA, UNICEF & USAID 2002, p.9). Ces perceptions ont des effets de stigmatisation et de discrimination sur les enfants et les proches qui les prennent en charge. (Foster & al. 1997, p.395 ; OMS 2002, p.15). Tout cela est souvent du à des perceptions négatives et des tabous entourant le VIH/SIDA (Foster & al. 1997, p.395). ONUSIDA, UNICEF & USAID (2002) soulignent qu’un des problèmes de la prise en charge, est que dans la majorité des cas se sont des femmes seules et pauvres qui prennent les enfants en charge (p.11). Les enfants pris dans ces familles sont davantage défavorisés que dans une famille où il y deux parents parce que les femmes ont beaucoup moins accès à la propriété, au contrôle des ressources et à l’emploi (ONUSIDA, UNICEF & USAID 2002, p.11). Par ailleurs, l’OMS (2002) ajoutent, que généralement, les impacts négatifs de la prise en charge sont : les pertes de ressources, les difficultés financières, la stigmatisation, le manque de nourriture, la perte d’habilité, les abus physiques et psychologiques, le manque de support psychologique, le stress, le manque de connaissance face à la maladie, le manque de médicaments et de soins de santé, le manque de ressources pour les besoins de bases, les problèmes physiques et les problèmes de transport (OMS 2002, p.16-18). Bibliographie Banque Mondiale & UNICEF [2002], Education and HIV/AIDS Ensuring education Access for Orphans and vulnerable Children A training Module, 103 pages, ISBN: 0-8213-5117-6 SKU: 15117 FHI & USAID [2001], Soins pour les orphelins, les enfants touchés par le VIH/SIDA et les autres enfants en situation vulnérable, cadre stratégique, Arlington, 20 pages. Foster G., Makufa C., Drews R., Mashumba S. & Kambeu S., [1997],« Perception of Children and community members concerning the circumstances of orphans in rural Zimbabwe», Aids Care, Vol.9, No 4, p. 391-405. Ministère de l’Economie et du Développement, Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (2004), CSLP, Burkina Faso, juillet 20004, ? pages. ONUSIDA [2004], Rapport 2004 sur l’épidémie mondiale de SIDA : Résumé d’orientation, Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA, Genève, 20 pages. ONUSIDA, UNICEF, USAID,[2004] Children on the Brink 2004, A joint Report on Orphan Estimates and Program Strategies, No. 3, Genève, 36 pages. ONUSIDA, UNICEF, USAID,[2002] Children on the Brink 2002, A joint Report on Orphan Estimates and Program Strategies, No. 2, Genève, ? pages. Organisation Mondiale de la Santé et al.; Impact of AIDS on older people in Africa, Zimbabwe case study; WHO Publications; Genève; 2002; 50 pages. PNUD & al. [2005], Plan Cadre des Nations Unies pour l’Aide au Développement, UNDAF 2006-2010 au Burkina Faso, Genève, 112 pages. SIDWAYA PLUS, no 5322 du Samedi 18 au dimanche 19 juin 2005. USAID,[2000] Children on the Brink 2000, No. 1, Genève, ? pages.
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